Education et capitalisme

L'école des contradictions
 

Des centaines de milliers de lycéens et enseignants sont descendus dans la rue contre Fillon. A l’heure où nous écrivons, nous ne savons pas comment finira le mouvement. Pourrons-nous réussir à obliger Fillon à démissionner comme Devaquet et Allègre avant lui ? Quel que soit le résultat des luttes en cours, une étude plus générale du rôle de l’école sous le capitalisme est essentielle pour les militants.

Il est normal que l’école prenne une place particulière dans le débat politique. C’est à l’école que la société transmet à la génération suivante des connaissances et des valeurs qui lui sont chères. L’extrême majorité de la population est concernée par l’école en tant qu’élèves, étudiants, parents ou personnels. En même temps, les discours prétentieux sur l’école ne manquent pas, et il est souvent difficile de discerner les intérêts derrière les différents mots. De plus, les différents secteurs de la classe dirigeante sont fréquemment en désaccord sur la forme que devrait prendre l’école pour servir au mieux leurs intérêts. Par exemple, certains patrons aimeraient bien profiter du marché énorme que peut représenter l’éducation, d’autres se rendent bien compte que seul un système public peut fournir les techniciens et la main-d’oeuvre requis par leurs entreprises. Enfin, les réformes libérales se cachent derrière un verbiage très habile qui manie avec brio les préjugés populaires (sur la “baisse du niveau” ou sur “l’échec scolaire”). Le fait essentiel reste pourtant le rôle contradictoire de l’école.

Ecole publique : un acquis social
L’école publique actuelle est un acquis social fondamental. Mais cette école est traversée, comme les autres institutions de la société de classes, par d’énormes contradictions. Si elle sert certains des intérêts des salariés et de leurs enfants, elle sert encore plus les intérêts des employeurs et du système capitaliste.

La mise en place de l’école secondaire pour tous, et ensuite au milieu des années soixante dix du collège unique constituait une avancée majeure. Le besoin économique d’une main-d’œuvre plus qualifiée, et les aspirations d’un mouvement ouvrier puissant ont généré cette réforme. Dans la même période, la généralisation de la contraception, des pensions de retraite, et le recul de l’idéologie religieuse ont donné aux gens davantage de choix dans leur vie. Les travailleurs ont des familles plus restreintes et peuvent donc plus facilement s’occuper du développement social et culturel de leurs enfants. Aussi les enfants sont-ils plus respectés par rapport aux  générations passées.

Le travail de millions d’enseignants et d’autres fonctionnaires a porté ses fruits. Accompagnée par le mouvement graduel de réduction du temps de travail, l’éducation pour tous a procuré aux salariés beaucoup plus de possibilités pour découvrir la culture et les sciences que cinquante ans auparavant. Face à l’offensive idéologique de la droite selon laquelle « le niveau baisse », il est important de relever ce constat. Même si nous sommes bien conscients que les salariés pourraient profiter cent fois plus de la culture si l’oppression du petit chef, l’angoisse du chômage et des problèmes d’argent ne produisaient pas les dégâts qu’on connaît.

En effet, les musées et les librairies sont plus fréquentés. Trois millions de personnes par an visitent la Cité des Sciences à Paris, 5 millions le Louvre, 1,6 millions le Musée d’Orsay . A Avignon, le Palais des Papes accueillent 600 000 visiteurs par an. Depuis que la ville de Paris a instauré la gratuité pour les musées gérés par elle, le public a doublé. Si les « journées gratuites » sont en plus accompagnées d’une large publicité, la fréquentation de l’ensemble des musées peut tripler voire décupler la fréquentation normale. 1 Lorsqu’on réussit à enlever en partie à la culture « savante » ce qu’elle garde de cérémonie bourgeoise, de larges masses veulent bien y participer. Les livres d’art et les oeuvres de vulgarisation scientifique sont devenus des marchés de masse. Les voyages à l’étranger ne sont plus réservés à une petite élite. Les types de sports et d’autres activités de loisirs accessibles aux travailleurs se sont beaucoup diversifiés. Les enfants aujourd’hui maîtrisent rapidement l’informatique et l’internet a été pour beaucoup un moyen d’élargir leur culture.

A l’école, il s’est produit un net élargissement des horizons. Alors que ma fille fréquente une école maternelle située dans un quartier populaire, cette école lui permet de visiter des musées, des théâtres, de découvrir des instruments de musique, et de participer à une semaine de découverte de la culture réunionnaise... : toutes choses dont on n’aurait pu rêvées pour un quartier comparable lors de la génération précédente.

Une formation plus poussée des enseignants (surtout en primaire)2 et une valorisation de la position de l’enfant ont transformé l’école. Les punitions corporelles par exemple ont presque entièrement disparues de l’école depuis une génération, c’est un pas en avant dont on ne peut surestimer l’importance. Les innovations pédagogiques introduites pendant les années soixante dix, quatre vingt et quatre vingt dix allaient dans un sens qui s’inscrit dans nos valeurs de gauche. Frustrés et limités par des classes surchargées et des moyens trop restreints, des millions d’enseignants ont néanmoins fait évoluer les méthodes d’apprentissage.
La pédagogie active qui privilégie la découverte chez l’élève au lieu de l’écoute inaugure un réel progrès, bien qu’elle soit parfois mal appliquée. On essaie de susciter davantage la curiosité et la joie de l’apprentissage.3 Il suffit de se reporter aux manuels scolaires utilisés trente ou quarante ans auparavant pour observer de tels progrès.

L‘ensemble du débat qui tourne autour de la question de savoir si le niveau monte ou baisse est faussé précisément par l’idée même de niveau. Des évaluations objectives du développement intellectuel culturel et émotionnel d’un enfant sont extrêmement risquées. L’économie capitaliste exige de pouvoir mesurer et juger chaque marchandise, et la main-d’oeuvre de la nouvelle génération ne fait pas exception. L’accusation selon laquelle « le niveau baisse » formule un contenu avant tout politique. En tout cas, le nombre de jeunes diplômés augmente régulièrement. Le pourcentage d’une classe d’âge titulaire du Bac dépasse aujourd’hui les 60%, alors que dans les années soixante, seulement 15% le décrochaient. C’est la raison qui pousse certains à déclarer que  le Baccalauréat serait devenu trop facile. Il n’y a aucune raison de le croire. Si quatre fois plus de jeunes réussissent au Bac,  ce n’est pas à mettre au compte d’une grande conspiration entre enseignants et ministères sur vingt ou trente ans !4

Enfin, la mixité sociale relative mise en place par le collège unique constitue également un acquis. Même si une bonne partie des classes moyennes essaie de fuir les collèges à dominante populaire5, à coup de déménagements et de dérogations, le collège unique garantit une expérience commune qui n’existait pas auparavant. Il permet aux enfants d’apprendre beaucoup de choses qui ne sont pas forcément au programme.

De manière directe ou indirecte toutes ces avancées ont été le produit de deux facteurs – la réduction des tensions sociales pendant les « trente glorieuses » et le rapport de forces relativement favorable pour le mouvement ouvrier. Or, ces progrès sont menacés par le libéralisme. Depuis de longues années, des limitations budgétaires ont freiné le progrès voire réussi dans certains cas à l’inverser Aujourd’hui le gouvernement de droite veut aller encore plus loin.

Ce que veut Raffarin
Le gouvernement Raffarin se fixe quatre objectifs fondamentaux à propos de l’éducation. Tout d’abord, il veut adapter les écoles davantage aux entreprises tout en faisant semblant d’agir pour des raisons plus nobles. Deuxièmement, il vise à renforcer nettement la répression des jeunes des classes populaires en collaboration avec la police et les maires, tout en développant un discours répressif contre le « laxisme » et en faveur du rétablissement de l’autorité du maître. Enfin, introduire une gestion beaucoup plus managériale des enseignants et d’autres fonctionnaires des établissements qui, avec leurs taux élevés de syndicalisation et leurs pratiques de travail en équipe voire de méthodes démocratiques au travail ne collent pas du tout avec la vision de Raffarin et de ses sbires. La limitation des budgets des services publics et l’affaiblissement des syndicats de l’éducation Nationale, constituent un quatrième objectif.

Ainsi Chirac accueille le projet de loi Fillon6 sur l’éducation en déclarant qu’il s’agit de remédier au « gâchis humain » que représenterait l’échec scolaire. La loi est présentée comme une faveur pour les laissés pour compte du système éducatif. Il utilise l’angoisse partagée par beaucoup de parents salariés concernant l’avenir de leurs enfants pour introduire graduellement des réformes qui vont à l’encontre des intérêts de tous les salariés. Interviewé dans ce numéro de notre revue, Samy Johsua explique les objectifs réels de ce projet de loi. Le texte qui l’accompagne est assez typique du discours hypocrite de notre gouvernement. « Il est indispensable de trouver une nouvelle relation entre la connaissance et l’économie » déclare-t-il. En fait, cette relation le satisfait en ce qui concerne la classe dirigeante et ses serviteurs proches - ce ne ne sont pas les Grandes Ecoles ni les lycées privés qu’ils veulent transformer. C’est l’éducation des classes populaires qui est l’objet de leurs attaques. Le projet de loi exige « la généralisation de l’option de ‘ découverte professionnelle’», et la « promotion des filières professionnelles ».7 Il veut répondre aux vraies difficultés de l’école en envoyant les moins bien servis ailleurs, en entreprise.

En même temps qu’ils fustigent l’école qui ne servirait pas suffisamment les patrons, ils veulent « rétablir l’autorité du maître ». Xavier Darcos appelle de ses voeux  « une nouvelle donne fondée sur une pédagogie de l’autorité », c’est-à-dire « donner une nouvelle légitimité à l’autorité » en marquant « une rupture avec le laxisme et la dispersion ».8 Fillon continue dans le même sens. Une nouvelle circulaire sur la discipline sortie en novembre dernier rétablit dans les règlements la possibilité d’une punition collective de l’ensemble d’une classe, une pratique qui était en nette perte de vitesse. En janvier dernier des fouilles policières en masse à la porte des lycées se sont déroulées. Tout ce cirque contribue à alimenter un sentiment de panique face à la « violence des jeunes » et  rassurer l’électorat potentiel de l’extrême droite.9

Concernant la gestion managériale, la loi Fillon n’est pas en reste. Il voudrait introduire « une culture du résultat ». Ainsi, il contient un nombre sans précédent d'objectifs chiffrés que le système éducatif est censé atteindre d'ici à 2010. L’école doit justifier son budget.

La gestion managériale des enseignants n’est pas un nouvel objectif. En 1988, Chirac avait déjà essayé d’imposer des « maîtres directeurs » en école primaire (là où le directeur n’a pas pour l’instant d’autorité sur les autres enseignants). Une mobilisation de masse avait infligé un échec à cette proposition. Depuis, l’idée est avancée avec énormément de prudence. Le projet de loi Fillon s’y réfère à demi-mot, en appelant à « une meilleure reconnaissance du rôle du professeur principal ». La décentralisation d’une partie des personnels non-enseignants participe du même processus – enlever au projet pédagogique et rendre au marché des aspects de l’école publique.

Sur certains terrains (décentralisation, notation...) le gouvernement s’attaque d’abord aux personnels non-enseignants, moins combatifs depuis quelques années. Pour ce qui est des personnels non-enseignants à l’Université, un décret fin 2004 met en place une notation/évaluation qui permet d’accélérer ou de ralentir l’acquisition d’ancienneté chez les agents. Ce processus vise à  renforcer les différenciations de carrière, et introduire un salaire au mérite, système qui a fait ses « preuves » dans le secteur privé.10

Enfin, les protestations vigoureuses des élèves, des enseignants et des parents d’élèves en ce début d’année ont souligné les difficultés budgétaires de nos écoles. Enseignants malades non-remplacés, fermetures de classe, remise en cause de l’école maternelle ... Raffarin voudrait que nos enfants paient le prix de la crise économique.

Les aspirations des travailleurs et l’angoisse scolaire
On voit le résultat des avancées scolaires dans l’énorme confiance (parfois exagérée d’ailleurs) qu’ont les salariés dans l’école. Les parents de tous les milieux sociaux croient à l’école comme voie pour avoir des chances de décrocher un meilleur emploi et une meilleure vie.11 Les salariés des couches moyennes ont peur que leurs enfants finissent dans des emplois d’exécution sans perspective de promotion ; les ouvriers ont peur de voir leurs enfants déclassés, ou même de les voir sombrer dans la délinquance. Il n’y a aujourd’hui qu’une petite minorité d’ouvriers à souhaiter que leurs enfants adoptent le même métier qu’eux.12

Les travailleurs ne souhaitent pas seulement que leurs enfants aient un travail stable et correctement rémunéré, mais aussi qu’ils aient un travail qui leur plaît et qu’ils ont choisis eux-mêmes. L’école et les diplômes constituent le chemin indispensable vers cet avenir.13 Aujourd’hui la grande majorité des travailleurs, ouvriers, employés ou « professions intermédiaires »14 souhaite que leurs enfants poursuivent de longues études, et c’est un phénomène qui avance de génération en génération.

Mais l’intérêt des salariés de toutes les couches sociales pour les diplômes de leurs enfants ne correspond pas uniquement à une ambition économique. L’enquête de l’INSEE à propos des souhaits exprimé par les ouvriers pour leurs enfants notent la fréquence du souhait que les enfants connaissent « d’autres horizons », qu’ils « puissent connaître ce que nous n’avons pas connu » etc.

Le travail scolaire est donc pris très au sérieux par les travailleurs. L'aide aux devoirs scolaires est, sans conteste, l'activité principale partagée avec les enfants. 77% des familles déclarent que les parents aident les enfants à faire leurs devoirs « au moins une fois par semaine » et 50% «tous les jours ».15

Quand les parents n’arrivent pas à assurer l’aide dont ont besoin leurs enfants, d’autres institutions interviennent. D’innombrables associations populaires, laïques ou religieuses participent bénévolement au soutien scolaire. Et chacun en fonction de ses moyens est prêt à payer le complément qu’il juge nécessaire. Les cahiers de vacances et les logiciels de soutien scolaire se vendent à des millions d’exemplaires, dès la petite section de la maternelle. Le nombre de cours particuliers monte en flèche, qu’il s’agisse des étudiants qui donnent des cours pour payer leurs études, à travers une petite annonce chez le boulanger, ou bien les nouvelles entreprises spécialisée dans « le marché de l’angoisse scolaire ».

Ces entreprises en effet vendent de plus en plus de cours à 30 euros l’heure (dont la moitié peut être déduite des impôts). Les salariés moins riches paient plus chers, puisqu’ils ne payent pas des impôts, mais ils sont de plus en plus prêts à se sacrifier pour payer ces cours. Des formules qui visent à attirer les salariés ordinaires se multiplient (79 euros par année scolaire pour une assistance téléphonique aux devoirs, par exemple). Acadomia, une des entreprises les plus connues, suit 60 000 élèves par an : elle est devenue leader sur un marché estimé à 1,37 milliards d’euros. 16

Mythes et limites
de l’ascenseur social
Les aspirations des travailleurs pour leurs enfants sont une chose, la réalité en est une autre. Il est sans doute possible de décréter que 80% d’une génération ira au niveau du Bac, il est plus difficile de poser que 80% seront cadres ! Alors, si les familles populaires font des sacrifices afin que leurs enfants suivent des études, en espérant échapper à la précarité, le chômage ou les emplois ouvriers, très souvent ça ne marche pas. Déjà la société capitaliste se montre incapable d’éliminer le gâchis terrible représenté par le chômage (10% à la fin de janvier 2005 selon le taux officiel largement sous-évalué).

Dans une société qui considère normal que des millions d’emplois soient mal payés et ingrats, une société qui ne développe pas comme priorité l’amélioration de la vie au travail, loin de là, l’aspiration à s’en sortir mieux par les diplômes va forcément marcher seulement pour une minorité. L’ascenseur social est limité à quelques places.

Sans compter que l’égalité des chances n’existe pas. Il y a de nombreux mécanismes de sélection sociaux, culturels et économiques à l’oeuvre. Les enfants des classes moyennes se reconnaissent mieux dans la culture légitime enseignée à l’école. Le soutien scolaire de qualité coûte cher. Faire de longues études coûte également très cher, et le niveau des bourses baissent. Jongler avec un travail salarié et des études mènent souvent à l’échec.

L’inflation des diplômes favorise également les couches sociales plus aisées, davantage capables de soutenir leurs enfants pour faire de longues études. A tous les niveaux, le diplôme exigé est bien au dessus des besoins du métier. Ceci avantage les enfants des familles qui peuvent se permettre de financer de longues études. Même pour les concours de la catégorie C de la fonction publique, concours qui n’exigent pas de diplômes, en fait 60% des candidats ont le baccalauréat.

Les classes aisées utilisent les meilleurs collèges et lycées privés, ou déménagent pour envoyer leurs enfants dans les collèges ou lycées publics qui ont les meilleurs résultats. Mais les classes pauvres n’ont le plus souvent pas de choix, elles sont obligées de mettre leurs enfants dans les écoles locales, dotées d’équipes enseignantes moins expérimentées et plus instables. Si les chances d’un enfant de milieu populaire d’aller à l’université ont beaucoup augmenté, les filières restent très marquées socialement. Les filières les plus prestigieuses (droit, médecine...) restent donc quasiment fermées aux enfants d’ouvrier et d’employés. Les enfants d’origine populaire ont 23 fois moins de chances que les enfants de cadres à intégrer les quatre plus grandes écoles (Polytechnique, Normale Sup., HEC et l’ENA). Sur les 3 500 lycées en France, seuls vingt établissements munis de classes préparatoires fournissent 80% des élèves de ces Grandes Ecoles.

Car l’école, contrairement à des préjugés répandus ne peut guère changer la société. Au contraire, l’une de ses fonctions centrales reste d’être une instance de classement des individus dans la structure sociale et d’assurer ainsi le processus de reproduction des inégalités. Ce rôle marque les élèves et aussi les enseignants.

Discipliner la nouvelle génération
Condorcet, le grand théoricien de la mise en place de l’éducation pour les masses, exprimait clairement le fondement de l’idéologie scolaire capitaliste après la révolution française « Lorsque la loi a rendu les hommes égaux, que la seule inégalité vienne de l’instruction, et que l’éducation y remédie ! »17 Le mythe de l’égalité des chances, de la pure méritocratie, est déjà en place, et c’est un mythe qui restera extrêmement puissant jusqu’à nos jours. Les valeurs de l’effort individuel, de la sélection au mérite, sont au centre de l’école.

En réalité, l’école doit produire à peu près le bon nombre d’ouvriers, d’intellectuels, de cadres supérieurs, d’une façon ou d’une autre. Le compromis de l’Etat-providence a pu dans ce cadre faire des concessions aux travailleurs et à leurs enfants au delà des strictes besoins de l’économie. Mais il n’a jamais gommé cet aspect de l’école, un aspect si omniprésent qu’on ne le voit parfois même plus. Les enfants ne doivent pas seulement apprendre à lire et écrire et engranger des connaissances techniques, scientifiques et culturelles. Ils doivent également apprendre qu’ils sont supérieurs aux autres, ou inférieurs.

Convaincre les jeunes que le système de folie dans lequel nous vivons est « normal » n’est pas une mince affaire. Il faut leur inculquer les attitudes exigées par le système (obéissance, passivité...) mais aussi des idées qui le justifie  (idéologie dominante, confusion). A la fin de ce processus les salariés doivent être persuadés que nous ne pouvons pas comprendre la société (seuls les experts pourraient) et que même si on la comprenait on ne pourrait rien faire (il y aurait toujours des chefs...)

Bien heureusement cela ne marche pas entièrement, d’où l’espoir de révolte et de révolution. Mais regardons de plus près les mécanismes de la socialisation capitaliste, qui n’est pas bien sûr menée seulement par l’école mais aussi par les autres institutions de la société (famille, médias, sports, religions...°)

On a souvent fait remarquer, qu’au delà du programme, le contenu  de l’enseignement réside dans les formes de l’expérience vécue par les jeunes. Pour simplifier, l’enfant apprend à s’asseoir tranquillement toute la journée et écouter celui qui en sait plus que lui. La taille des classes garantit que ceci reste la méthode majoritaire malgré tous les efforts d’une partie des enseignants.

L’élève apprend que ce n’est pas à lui de choisir.18 Pas question de se passionner pour les maths ou pour la biologie et laisser tomber les autres matières quelques mois pour aller au fond de sa passion. Pas question de décider d’apprendre le chinois que parle la maman de sa meilleure copine, si ce n’est pas au programme. Apprendre que ce n’est pas à nous de choisir est fondamental pour garantir la stabilité d’une société si inégalitaire. Chaque enseignant peut témoigner de l’apprentissage rapide qui peut être fait par des « mauvais élèves » quand ils ont l’impression d’avoir choisi le contenu et le rythme de l’apprentissage (classe verte, expression musicale, passion pour l’informatique...)

Un monde lissé et charcuté
Enfin, le programme enseigne les hiérarchies. Il y a ceux qui valent plus que d’autres, des types de langage, des expressions culturelles valorisés et d’autres ignorés. L’absence presque complète du programme de bon nombre de savoirs humains utiles (musique populaire, syndicalisme, analyse de la télévision, relations de couple, soins des bébés ...19) permet la dévalorisation de ces activités. Le charcutage de la réalité en « matières » - Histoire-Géo, philo, maths, chimie permet de présenter un monde lisse et découpé, à la manière des infos de vingt heures. Si certains thèmes ne peuvent être casés dans aucune « matière », tant pis.

Et il est tout à fait remarquable à quel point  l’école est centrée sur les capacités intellectuelles passives. A la fin de leur scolarité, la plupart (malheureusement pas tous) des jeunes ont peu de difficultés pour lire ou pour comprendre des instructions même complexes. Mais lorsqu’on cherche quelqu’un pour parler en public ou écrire un article, on mesure à quel point la confiance dans sa propre expression a été écrasée, en grande partie par le système scolaire. Les stages de formation syndicale, qui s’adressent plus que d’autres formes d’enseignement à des travailleurs ordinaires doivent souvent souligner à quel point « cela ne va pas être comme à l’école » pour attirer des stagiaires.20  Comme le souligne la CGT dans son document de présentation de la formation syndicale « Les formateurs sont des syndiqués CGT . La CGT retient un processus de formation qui privilégie l'apprentissage par la rencontre entre l'apprenant et l'objet de connaissance. Le formateur agit pour faciliter cette rencontre. Il n'enseigne pas. Il apprend à apprendre. »

La méthode d’enseignement en grands groupes et la méthode d’évaluation en comptant les erreurs renforcent cette tendance. Ce ne sont pas bien sûr les enseignants individuels qui ont le pouvoir de faire très différemment. Ils gardent une certaine marge de manoeuvre, mais le programme, les évaluations et la pression des collègues ou des parents d’élèves sont toujours là pour empêcher d’aller ‘trop loin’. Les pédagogies alternatives restent marginalisées et « expérimentales » dans notre système scolaire - une façon de dire qu’on les garde au placard. 21 C’est pourquoi la revendication de la réduction de la taille des groupes à l’école se révèle si importante.

Reproduire les oppressions
Même des gens de gauche croient fréquemment que l’école peut apporter la solution au racisme, au sexisme ou à d’autres oppressions. Et le travail scolaire peut effectivement comprendre des éléments qui aident à combattre les oppressions : des débats, sorties et autres travaux sur le racisme par exemple

Mais la structure même de la société signifie que ce travail est limité. L’élève n’ayant jamais vu une institutrice noire (et il y en a très peu) apprend que ce sont les Blancs qui sont les meilleurs, et le fait que c’est marqué dans le manuel que nous sommes « tous nés égaux en droits » n’aura pas grand effet. Je travaille à l’université de Créteil dans la faculté de Lettres et Sciences Humaines ; nous avons en première année peut-être un quart ou un tiers de jeunes qui ne sont pas blancs, mais ils auront quasiment jamais un prof qui n’est pas blanc. Ce vécu dans le système scolaire se rajoute à l’expérience du racisme en dehors de l’école, expérience qui n’est pas au programme, et  dont on peut difficilement discuter à l’école.

Au sein des programmes aussi, le racisme institutionnel reste fort. Où sont les auteurs francophones de l’Afrique dans les programmes de littérature ? Où est l’histoire des travailleurs immigrés ?

Pour ce qui est du sexisme, l’article de Fanny Coche dans ce dossier souligne que l’école est encore sexiste. Pour les homosexuels et les lesbiennes, la situation est sans doute encore pire. Si on enseigne abstraitement la « tolérance », où sont les modèles positifs dans les manuels scolaires, dans les cours d’histoire ou de littérature ? Là où aux Etats-Unis et dans certains autres pays il a été possible, grâce aux luttes des femmes et des minorités ethniques d’introduire dans les programmes des lycées et des universités de telles matières que « Black studies » et « Women’s studies », la force de la tradition assimilationiste et « universaliste » de la France ne l’a pas permis.22

Tous ces rôles oppressifs de l’école ne signifient pas qu’il faille abandonner l’école en tant qu’institution purement bourgeoise au sein de laquelle on ne peut rien faire. La dynamique qui veut que l’école sert uniquement les intérêts de la classe dominante peut être freinée dans tel ou tel aspect et il y a des dizaines de luttes à mener en parallèle à la lutte pour des moyens plus importants.
Il y a un conflit au sein du système éducatif entre les forces qui veulent élargir les horizons de tous les enfants, et celles qui veulent les restreindre dans l’intérêt de la classe dirigeante, ou dans un but - avoué ou non - d’élitisme culturel.23

Il ne faut pas seulement se battre pour que les institutions du capitalisme (entreprises, armée, police) aient moins d’influence directe sur l’école, mais aussi pour que les institutions et mouvements de notre classe en aient beaucoup plus. Le mouvement syndical est une des organisations les plus importantes de notre société, mais il est rarissime qu’on invite des syndicalistes répondre aux questions des élèves sur la nature et l’utilité du syndicalisme. On enseigne « les flux migratoires » mais on n’invite jamais des sans-papiers à échanger avec les élèves. On évoque en cours d’éducation civique l’importance de la violence contre les femmes, mais on n’invite pas celles et ceux qui militent contre cette violence. L’idéologie de la neutralité de l’école empêche la tenue d’un débat large dans lequel les acteurs de notre classe ont un rôle à jouer.

L’éducation et le marché capitaliste
L’école n’est pas seulement capitaliste du point de vue idéologique. Elle l’est également en termes économiques. L’école n’existe pas en dehors du marché capitaliste et de la concurrence internationale. Un pays industrialisé comme la France doit produire une quantité similaire d’instruction que ses concurrents majeurs, sous peine de voir les entreprises des autres pays dépasser celles de la France car elles bénéficieraient alors d’une main d’oeuvre plus qualifiée et donc d’entreprises plus à même de tirer profit des innovations technologiques permanentes.

En même temps, chaque Etat est sous pression de produire la scolarisation à un prix similaire ou inférieur à celui payé par les capitalistes des autres pays.24 C’est la raison pour laquelle, malgré les énormes différences entre les systèmes éducatifs existantes dans divers pays, ils ont surtout énormément en commun. On ne conçoit pas un pays industrialisé avec cinquante élèves par classe et un autre avec cinq élèves par classe. A la fois la qualité de l’éducation et le prix payé doivent être comparables, même si un rapport de forces favorable peut imposer des améliorations dans un pays ou un autre.

Enfin, l’école fait partie du marché du travail. Il faut que les enseignants soient (tout juste) suffisamment payés pour qu’ils ne partent pas en masse travailler dans d’autres secteurs. C’est pourquoi les différentes sections de la classe ouvrière ont tendance à avancer ou à reculer ensemble. Quand les salaires et les conditions de travail de l’ensemble de stravailleurs avancent, ceux des enseignants progressent aussi.  Dans une période de précarisation et d’attaques généralisées contre les conditions de travail et de salaire, les enseignants sont attaqués. Actuellement, à titre d’exemple, on voudrait imposer aux enseignants les méthodes de gestion du personnel qui ont fait leurs preuves (du point de vue patronal) dans l’industrie dans les années 1980 et 1990 - individualisation des salaires, gestion par objectifs etc. C’est un processus en cours au sein de l’ensemble des pays de l’Europe.

Qui sont les enseignants ?
Il existe beaucoup de mythes au sujet des enseignants. Il s’agit du métier le plus cité comme un souhait pour leurs enfants par les ouvriers. La droite voit parfois les enseignants comme une masse de gauchistes dangereux. Une partie de la gauche les voit comme tellement élitistes qu’on ne pourra rien en tirer. D’autres à gauche semblent penser qu’il s’agit d’une masse homogène de progressistes (et que, par exemple, il n’existerait pas d’enseignants racistes...). Aucune de ces idées n’est juste.

Il y a un siècle, l’instituteur du village jouissait d’un prestige social que ne connaît plus le professeur d’école d’aujourd’hui. La prolétarisation de l’essentiel des enseignants est déjà un vieux processus. Voir les enseignants au premier plan de la mobilisation pour les retraites ne doit surprendre que ceux qui n’ont pas mesuré l’ampleur des changements au sein de la classe ouvrière. La baisse relative des conditions de travail des enseignants, ainsi que l’élévation du niveau culturel des travailleurs en général a rapproché les enseignants des autres salariés. Le besoin de travailleurs très qualifiés donne un rôle économique clé aux enseignants.

Ils exercent un métier difficile et sont sous pression de plusieurs côtés - d’un gouvernement qui veut couper les budgets, des parents d’élèves angoissés ou pinailleurs, des élèves frustrés par la situation d’enfermement qu’ils vivent. Mais il ne faut pas pour autant les idéaliser.

Chaque section de la classe ouvrière a ses caractéristiques propres et les enseignants ne font pas exception. Ils ont plus de contrôle sur leur propre travail que la majorité des salariés. Et une partie de leur travail est de discipliner la prochaine génération de travailleurs. D’innombrables enseignants se plaignent de devoir « faire le flic » dans des classes surchargées s’il veulent espérer faire avancer l’éducation des enfants. L’école reste une institution qui trie les ‘bons’ et les ‘mauvais’ élèves, et une telle institution ne peut qu’engendrer de l’élitisme chez ceux qui sont chargés de trier. Tout comme les journalistes ont tendance à penser que c’est l’information qui change le monde, les enseignants assignent à l’éducation ce rôle. Et la pression pour accepter les valeurs paternalistes et élitistes du système d’éducation est très puissante.

Une institution normative produit des enseignants normatifs. C’est aussi pour cela qu’il n’est guère surprenant de constater que face à la loi anti-musulmane au sujet du foulard à l’école, les enseignants, beaucoup plus que le reste des salariés, soutenaient le gouvernement. Avant l’existence de cette loi, il y a eu plusieurs cas de grèves par les enseignants de certains lycées et collèges pour imposer l’exclusion des filles en foulard. Dans nul autre secteur de l’économie on a pu voir des grèves réactionnaires de ce type.

La situation des enseignants comporte ainsi des contradictions. Ils sont proches des difficultés des classes populaires qu’ils fréquentent à l’école tous les jours. On a vu récemment dans certains endroits des profs se mobiliser pour défendre des enfants Roms ou sans-papiers. Ils sont amenés à défendre leurs intérêts comme tous les salariés par la grève et le syndicat. En même temps, les enseignants sont recrutés parmi les « bons élèves » et peuvent avoir beaucoup de mal à se mettre à la place des « mauvais élèves ». C’est pourquoi le gouvernement espère en convaincre la majorité du bien-fondé de ses projets d’une école à deux vitesses.

Les attaques libérales
Les attaques libérales actuelles couvrent d’innombrables aspects et sont déguisés par d’innombrables discours prétentieux. Renforcer la discipline, réduire le nombre des postes, introduire le salaire au mérite pour les enseignants, geler leurs rémunérations, mettre en place des directeurs-managers et enlever ce qui reste du travail d’équipe entre enseignants, augmenter l’influence des entreprises dans les écoles... la liste est longue.

Si on veut le mieux possible pour la prochaine génération, on est obligé de se battre sur plusieurs fronts. Néanmoins, c’est en reconstruisant les syndicats des personnels de l’éducation et en poussant les directions syndicales à agir dans l’intérêt de leurs membres qu’on pourra avancer aussi dans les autres domaines.

Finissons par un mot sur l’auto-organisation des jeunes. Pour les marxistes, l’auto-organisation des opprimés est une valeur centrale, et l’oppression des jeunes dans notre société ne devrait pas faire de doute. Si le modèle de l’éducation capitaliste est le jeune passif et obéissant, le modèle pour les anticapitalistes doit être bien sûr le jeune actif, qui pense pour lui-même et questionne l’autorité. Il faut construire des syndicats lycéens et étudiants pour défendre les intérêts des jeunes, mais aussi des syndicats ouverts vers l’extérieur. Les mouvements actuels (à l’heure où nous écrivons) des lycéens sont d’une très grande importance, pas seulement à cause de la loi Fillon, mais aussi parce que le passage par l’école des luttes permettra à une nouvelle génération de militants de venir à l’activité politique - ce qui constitue le seul espoir pour l’avancée des intérêts de notre classe.25

Les syndicats lycéens et étudiants sont faibles mais jouent un rôle essentiel, et constituent une ressource très valable lors des explosions de masse qui ont lieu régulièrement dans la jeunesse.26 C’est souvent dans ces mobilisations de masse que des jeunes prennent conscience du besoin d’aller plus loin et de mettre en question le système capitaliste dans son ensemble. Comme on peut voir dans l’interview de François de l’Union nationale lycéennes, l’auto-organisation des jeunes, embryonnaires pour l’instant, constitue un volet indispensable du combat.

Défendre l’école,   défendre notre classe
Il y a donc de nombreuses batailles que les gens de gauche doivent mener dans et pour l’école. La  bataille pour les ressources en est une, y compris celle pour une répartition plus juste des ressources entre les différents quartiers et les différents écoles. Les mobilisations du début du mois de février sont très encourageantes.27  Des luttes doivent se mener aussi sur le contenu des programmes, en faveur d’une pédagogie qui donne un rôle plus actif à l’élève, pour l’auto-organisation des élèves et des étudiants. Il faut défendre l’accès large à tous les aspects de la culture, qui peut contribuer à l’épanouissement de l’être humain et également développer son sens critique et donc sa capacité de participer à la transformation de la société.

Il est urgent aujourd’hui de défendre l’école publique et de revendiquer de nouvelles avancées (et pas seulement une défense des acquis) - des classes plus petites, des moyens plus importants, des programmes plus ouverts et plus centré sur l’épanouissement actif des jeunes, moins sur la production taylorisé d’une main d’oeuvre docile.

C’est pourquoi il est important de promouvoir un syndicalisme enseignant de lutte de classes, et un syndicalisme lycéen réellement implanté, unitaire et actif. La lutte des classes est aussi une école nécessaire.

Mais ces objectifs immédiats ne doivent pas nous empêcher d’analyser le rôle des écoles, et des enseignants dans le renforcement et la reproduction de la société actuelle. Seul le renversement du pouvoir de la classe dominante pourra durablement transformer l’école en une école pour notre classe. Il est important de ne pas oublier l’objectif à long terme - une nouvelle société où la division entre travail manuel et intellectuel, et toute la crasse d’inégalité et d’élitisme qui l’accompagne n’existera plus. Comment sera l’école dans une telle société ? Nous ne pouvons pas le savoir, mais nous pouvons être sûrs qu’elle sera profondément transformée.28
John Mullen (LCR Montreuil)
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1 Une évolution qui a pourtant été freinée depuis quelques années. Pour ne prendre qu’un exemple, au Louvre, la fréquentation a doublé de 1984 à 2001, mais avec l’abolition de nombreuses réductions et entrées gratuites, cette augmentation ralentit énormément.
2 Les professeurs d’école primaires sont recruté(e)s au niveau Licence, mais 23,4% des recrutés par concours externe ont un diplôme supérieur à la licence. Voir http://www.snuipp.fr
3 Pour l’instant, en France la pédagogie a été peu la cible des attaques libérales. Mais ça pourrait venir. En Angleterre sous Thatcher et Blair la remise en place de programmes traditionnels - « apprendre des faits » et ne pas utiliser des calculatrices, pour aller vite - fait partie intégrale de l’offensive libérale.
4 Autre chose est le constat que le chômage de masse a accentué fortement la désaffection d’une partie des jeunes en difficulté scolaire. Ceci est utilisé comme une excuse pour mettre en lycée professionnelle tous ceux qui apprennent plus lentement que la moyenne. Pourtant, il a été démontré que les filières professionnelles ne profitent aux enfants que quand il s’agit d’un choix conscient et pas d’un choix par défaut.

5 Les transformations du capitalisme rend plus complexe aujourd’hui l’analyse des inégalités sociales. La classe ouvrière ne se réduit pas aux seuls ouvriers - les employés et l’essentiel des « professions intermédiaires » en font également partie. Dans cet article nous parlerons parfois des enfants d’ouvriers, la base de certaines analyses statistiques, mais dans l’ensemble nous nous intéresserons sans distinction à l’ensemble de la classe ouvrière. Pour une tentative de définir en détail la classe ouvrière, coir mon article « La classe ouvrière - une force pour changer le monde ? au http://mapage.noos.fr/anticapitalisme/classes.htm
6 On peut télécharger le projet de loi au http://www.loi.ecole.gouv.fr/documents/uploaded/14propositionsFFillon.pdf
7 Des processus déjà bien engagés depuis dix ans, sous des gouvernements de droite et de gauche.
8 Voir La politique de prévention de la violence à l’école, Délégation à la communication - bureau de la presse, http://www.education.gouv.fr.
9 En ce qui concerne le « traitement de la délinquance », la recherche de bouc-émissaire immigré  la lecture du rapport Benisti de octobre 2004 est extrêmement éclairant . http://www.abri.org/antidelation/IMG/pdf/rapport_BENISTI_prevention.pdf
10 voir http://www.sudeducation.org/article538.html
11 Ce constat reste vrai pour la majorité de la classe ouvrière, même si dans les quartiers les plus ravagés par le chômage on voit un délabrement net de cette confiance. On n’a même plus espoir.
12 Voir tableaux.
13 Les constats que nous faisons ici sortent très clairement de l’enquête INSEE de Tristan Poullaouec basée sur des entretiens avec des familles ouvrières : « Les familles ouvrières face au devenir de leurs enfants » http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/Es371a.pdf
14 Nous utilisons ce terme car il est répandu, même si nous considérons que ces professions font partie de la classe ouvrière dans leur grande majorité.
15 www.unaf.fr
16 Pour un dossier conséquent produit en 2004, sous le titre « Soutien scolaire - réduction ou accroissement des inégalités » voir http://lamaisondesenseignants.com/download/document/DossierUSMAG608.pdf
17 Cité dans « L’Ecole ‘de la République’ : une discussion nécessaire » de Yves Bonin dans Carré Rouge N° 8 Juin 1998
18 Bien sûr les libéraux utilisent actuellement l’idée que l’élève et ses parents doivent avoir davantage de choix pour justifier la mise en place d’une école encore plus inégalitaire. Ils veulent pousser les élèves qui ont de moins bons résultats à « choisir » d’abandonner l’école et se vouer à l’apprentissage et des emplois mal payés... Il n’empêche que l’idée du choix est une valeur de gauche.
19 Pour ce qui est de l’éducation sexuelle, on peut lire l’interview d’un consultant pédagogique de l’Education nationale au http://archives.arte-tv.com/societe/sexualite/ftext/interview.html On voit qu’il n’y a pas eu tant de progrès qu’on le pensait !
20 On peut énormément apprendre de comment s’est fait la formation syndicale. Voir le Numéro 154 de la revue Education Permanente (2002) pour un dossier sur ce sujet peu étudié.
21 Un des avantages ( il y avait beaucoup d’inconvénients) de l’autonomie des établissements dans le système scolaire anglais a été la liberté d’utiliser des pédagogies différentes (travail inter-disciplinaires, pédagogie plus active). Ces méthodes devinrent bien plus difficiles à utiliser après la mise en place par le gouvernement Thatcher de tests standardisés nationaux, à l’âge de sept ans onze ans et quatorze ans. A partir de ce moment-là, les enseignants étaient sous pression de n’enseigner que les types d’exercices qui allaient apparaître dans les tests.
22 Nous sommes conscients qu’il s’agit d’une question extrêmement controversée qui mériterait un article entier et un débat approfondi. Nous espérons revenir sur cette question dans un numéro futur de la revue.
23 Une partie de cette argumentation est prise dans la brochure de Chanie Rosenberg et Kevin Ovenden du SWP anglais Education, why our children deserve better than New Labour SWP Londres 1999
24 D’un point de vue économique on peut considérer les services publics comme une charge pour l’entreprise, qui doit ou bien payer des impôts ou des charges sociales, ou, là où l’impôt et les charges sont payés par les salariés, doit rémunérer suffisamment ses salariés pour qu’ils paient ces charges. C’est à dire que, à rapport de forces égal entre les classes, les budgets sociaux constituent un frein aux profits.
25 Voir Coups de chaud dans les collèges et lycées dans Libération du 1er février 2005, et Dans la rue, les lycéens défient Fillon dans Libération 8 février 2005
26 Le site Web de l’Union Nationale des Lycéens est au http://www.unl-fr.org et on peut lire en ligne leur nouveau journal - excellent - qui sort tous les deux mois.
27 Voir par exemple Libération du 04.02.05
28 Toutefois, la lecture de l’article de Léonce Aguirre parue dans la revue Convergences Révolutionnaires, dans lequel il examine l’expérience de l’école après la révolution russe, me semble indispensable. Vous pouvez le télécharger au http://www.convergencesrevolutionnaires.org/article320.html

Cet article fut publié dans Socialisme International N° 12 en février 2005

 
 

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